Histoire : Le Front de Libération de la Bretagne

Années 60/70. Dans un contexte de crise économique, des activistes bretons opéreront une série d'attentats sous le nom de FLB, Front de Libération de la Bretagne.

 

Années 60. Le Général De Gaulle au pouvoir, les bretons sont en colère. Leurs salaires sont moins élevés que les salaires parisiens, les usines ferment, les agriculteurs souffrent d’une crise de surproduction. Dans un tel contexte, les jeunes bretons émigrent et les paysans bretons se révoltent.

La colère

1961. Des collectifs de paysans prennent d’assaut la sous-préfecture de Morlaix. René Pleven, député des Côtes-du-Nord (Côtes d’Armor) et co-fondateur du CELIB – Comité d’Etude et de Liaisons des Intérêts Bretons – réunit la classe politique bretonne, les industriels et les militants culturels pour faire entendre, à Paris, les revendications économiques et culturelles de la Bretagne. Le gouvernement entend et lance une politique d’industrialisation de la Bretagne qui se traduira par la construction marémotrice de la Rance et l’implantation d’une usine Citroën à Rennes.

Seulement, cela ne suffira pas. Certains bretons refusent de se contenter des miettes d’un pouvoir centralisé. Un groupe d’activistes se formera alors : le FLB, le Front de Libération de la Bretagne. Il se fera connaitre en 1966 par un premier attentat à Saint-Brieuc. Suivront, durant 20 ans, un nombre considérable d’attentats dont les cibles seront des symboles de l’état français : édifices publics, préfectures, casernes de gendarmerie, bureaux de perception…

La régionalisation, c’est non !

Le Front de Libération de la Bretagne ne prendra pas part aux événements de mai 68, considérant n’être en aucun cas concernés par les problèmes de la France. Ainsi accentuaient-ils leur position indépendantiste.

Toutefois, ces événements amèneront De Gaulle à changer de position sur la régionalisation. Il reconnait les régions comme des collectivités territoriales à part entière mais il ne reconnaitra nullement leur indépendance économique et politique. En 1969, le projet de régionalisation sera soumis au référendum. Il sera rejeté. Le Général De Gaulle démissionne. Les français choisiront George Pompidou pour lui succéder.

Dans les années 70, le FLB se gauchise. Il est solidaire des luttes sociales des bretons et contre l’agriculture intensive. La volonté du gouvernement de développer le nucléaire en Bretagne entrainera le premier attentat, en France, contre une centrale nucléaire sur le site de Brennilis. Les mouvements indépendantistes bretons et corses obligeront le gouvernement à revoir sa position sur la régionalisation. Valéry Giscard D’Estaing, alors président depuis 1974, encouragera le développement culturel breton et signera la Charte culturelle bretonne. Mais, aucune avancé politique à l’horizon.

La libération régionale

Le FLB s’affaiblit. La police commence à démanteler le réseau. Les indépendantistes encore libres feront un coup d’éclat : l’attentat de Versailles. Ils seront tous arrêtés.

1981. François Mitterrand au pouvoir, les militants du Front de Libération seront amnistiés. Le projet d’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff sera arrêté. Le projet de régionalisation sera mis en marche. Le Front de Libération de la Bretagne cessera son activité.

Archives

Hubert Béasse, réalisateur, a su retracé l’histoire de ce mouvement militant dans son documentaire “Les années FLB” – actuellement en diffusion sur le replay de Canalsat jusqu’au 22 juillet. Si vous n’êtes pas abonnés, plongez-vous dans les archives de l’INA !

 

 

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Nora

Auteur: Nora

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