L’éducation supérieure en ligne : mode d’emploi

Par Quentin Blanc du Figaro

Des millions de personnes suivent maintenant les cours en ligne de Harvard ou Stanford. Une formation d’un genre nouveau, qui repose sur la vidéo et les forums d’entraide entre étudiants d’une classe virtuelle.

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Suivre gratuitement et à son propre rythme des cours de Harvard depuis les bords de Seine, c’est désormais possible. La prestigieuse université américaine s’est associée avec le MIT pour lancer en mai edX ,un site permettant ce miracle. «Notre but est de changer le monde grâce à l’éducation» proclame Anant Agarwal, professeur au MIT qui dirige la plate-forme. Un défi qui agite toutes les grandes écoles américaines puisque Stanford a aussi lancé la plate-forme Coursera .Le succès est impressionnant. Des cours très techniques réunissent fréquemment plusieurs dizaines ou centaines de milliers de personnes.

Mode d’emploi de cette nouveauté que l’on pourrait rapidement voir arriver en France.

­• Le support
La vidéo remplace le cours magistrat. Elle est l’outil indispensable pour apprendre en ligne. Mais pour être efficace, le professeur ne peut pas se contenter de filmer ses interventions. Un certain nombre de «règles» se dégagent aujourd’hui:

– Les vidéos doivent être courtes, pas plus de 10-12 minutes en moyenne. En effet, avec des séquences plus longues, l’attention à tendance à se relâcher. Des questions simples, en cours de vidéo, permettent de vérifier que l’élève suit bien.

– Chaque vidéo explicite un concept précis. Elles sont ensuite regroupées par paquets de 5 ou 10 pour former une «séance».

– Enfin, des groupes de vidéos optionnelles peuvent être mis à disposition des étudiants. Soit pour permettre de réviser les bases d’une matière avant de débuter le cours, soit pour approfondir certaines notions.

• L’entraide
Avec des classes virtuelles gigantesques, le professeur ne peut répondre individuellement à chaque étudiant. Pour résoudre ce problème, chaque salle de classe virtuelle se voit ainsi dotée d’un forum, où les élèves posent leurs questions. Venant de tous les coins du globe, ils peuvent alors obtenir des réponses, à tout heure, venant d’autres élèves ayant déjà surmonté la difficulté. Un système de vote, sur les questions comme sur les réponses, permet également de faire ressortir les plus pertinentes. Le professeur et ses assistants n’ont alors plus qu’à confirmer aux élèves qu’ils ont trouvés la bonne solution, ou qu’ils font fausse route. De plus, il est fréquent que les élèves se regroupent spontanément pour former des groupes de travail en fonction de leurs lieux d’habitations!

• L’organisation
Si l’un des principaux avantages de ces formations est de laisser aux étudiants une grande liberté dans l’organisation de leur temps, un minimum de contraintes est indispensable à un apprentissage efficace. Ainsi, les cours proposés doivent commencer à une date donnée. Puis, chaque semaine, les étudiants s’engagent à visionner une séance, conclue par la réalisation d’un travail à la maison. Les effectifs de ces cours (entre 10 000 et 100 000 personnes) rendent impossible une correction manuelle. Ces exercices sont généralement des QCM, mais l’amélioration de la technique permet progressivement de varier les types de devoirs. Enfin, un devoir final permet de vérifier l’assimilation du cours par l’élève, qui reçoit en échange un document certifiant qu’il a suivi ce module avec succès.

• Avantages et inconvénients
Ces cours étant libres d’accès et gratuits, ils permettent en premier lieu une démocratisation sans précédent de l’enseignement supérieur. Le principal écueil reste aujourd’hui que ce système repose sur l’honneur. Concrètement, cela signifie que l’étudiant s’engage, à son inscription sur le site, à effectuer les devoirs lui même sans aide extérieur. La triche est donc loin d’être impossible pour qui s’en donne la peine. Pour parer à cela, ces sites donnent désormais la possibilité de passer l’examen final dans des centres agréés partout dans le monde.

A l’heure actuelle en France, ce système reste avant tout assimilable à de l’auto-apprentissage, et il est dur de le faire valoir auprès de recruteurs. Cela pourrait changer si il gagnait en notoriété et en sécurité (système anti-triche performant). A condition de parler l’anglais, ces sites peuvent cependant constituer un moyen peu coûteux d’effectuer une formation continue. Dans les pays où l’enseignement supérieur est faible, ils sont d’ores et déjà une porte d’accès inédite à des enseignement d’excellence.

Source : Le figaro – Le 19/10/2012

,,,,,,,, Numérique

Auteur: anne-laure

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